L'Isère manque de services adaptés. F. Durand / Sipa
De 13 à 23 ans, Céline (prénom d'emprunt) alterne boulimie et anorexie sans se confier à personne. Il y a un an et demi, elle ose s'adresser à Anorexiques boulimiques anonymes (Aba), à Grenoble. «Le seul fait d'entendre une personne me dire qu'elle s'était soignée, ça m'a donné l'élan de parler à mon généraliste qui m'a orientée vers un psychiatre.»
Aujourd'hui convaincue des bienfaits de l'échange entre pairs, la jeune femme assure l'écoute téléphonique d'Aba, créée il y a sept ans en France (trois ans à Grenoble) sur le principe des Alcooliques anonymes. «Si elles ne peuvent se substituer aux soins, de telles associations peuvent soutenir les personnes et les aider à aller vers un médecin», estime le Dr Jérôme Carraz, psychiatre grenoblois spécialiste des troubles alimentaires. Mais ce dernier regrette que l'Isère manque cruellement de structures de soins adaptées. «C'est dramatique, lâche-t-il. J'ai actuellement cinq patientes qui sont en danger parce qu'elles ne peuvent pas être accueillies dans un service spécifique. Il ne suffit pas d'hospitaliser les personnes huit jours, le temps de les réalimenter. Il faut les prendre en charge plusieurs mois, à la fois sur le plan physique et psychologique.» Le médecin souligne tout de même que «plus on consulte tôt, moins on se retrouve dans des situations extrêmes.» Et son message prioritaire ressemble à celui d'Aba : «Il ne faut pas rester seul(e)».Florence Roux
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